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1 - Même à l'envers, une pyramide reste une pyramide

Sous le titre La pyramide inversée, la grande offensive est venue de Suède vers 1980, conduite par le président de SAS, relayée par les travaux de l'Institut de l'Entreprise. En résumé : il faut renforcer la réactivité des organisations, donc donner l'initiative aux collaborateurs qui sont "au contact" avec les réalités du terrain. Donc remplacer l'ancien management top-down, où la décision est en haut et l'exécution en bas, par un management bottom-up, où l'impulsion vient de la base. On en vient ainsi à inverser la pyramide : mis en bas, en position de support, le sommet ne pèse plus sur la base mais au contraire la soutient, puisqu'elle est maintenant en haut... N'insistons pas sur les décalages entre cette intention révolutionnaire et les pratiques effectives.

Après quelques années, il est apparu qu'en fait, même retournée, une pyramide est toujours une pyramide, c'est à dire une structure rigide, cloisonnée, hiérarchisée. On a donc essayé de décloisonner, de réduire le nombre de niveaux... jusqu'à la révélation déclenchée par l'essor du réseau (n° 86) : ce qui est en cause n'est ni sa taille, ni sa forme, ni sa position, mais le fait que ce soit une pyramide ! Nouveau mot d'ordre : remplacer la pyramide rigide par une structure flexible. Et nouvelles désillusions quand les effets se font attendre. Au moins, maintenant, le pli est pris : on sait multiplier les réformes organisationnelles...

Et si on laissait en paix cette pauvre pyramide ? D'accord, elle est inadaptée au besoin du moment, mais à trop s'occuper d'elle, c'est le besoin qu'on néglige. Toute l'énergie affectée à sa réforme pourrait être employée à agir utilement ; sans parler de sa suppression, qui obligerait à combler le vide, donc à négliger encore davantage le besoin... Ce n'est pas un plaidoyer contre l'intelligence institutionnelle, au contraire (n° 142, 144), mais une alerte sur la réformite gesticulatoire. Le problème ne vient pas tant de la pyramide que de l'inadéquation de réponses "solides" au besoin de "surfer sur le fluide" (voir encadré), avec ou sans pyramide, quelles que soient les caractéristiques de l'organisation. La question se pose presque autant à certaines entreprises qu'à l'Etat ou, par exemple, à la construction européenne, qui depuis longtemps consacre plus d'attention et d'énergie à sa pyramide (devenue usine à gaz) qu'à son projet (disparu) - avec les résultats que l'on sait. Ayant vainement tenté de "rendre fluide la pyramide", on pourrait prendre la difficulté par l'autre bout : "valoriser le potentiel du fluide", en admettant que la pyramide s'adaptera ipso facto. D'ailleurs, l'adaptation progressive est une caractéristique de l'approche "fluide".

Suite > Intelligence et potentiels : l'approche "fluide" façon Sun Tzu...


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Sommaire et liens
Introduction
Même à l'envers, une pyramide reste une pyramide
Intelligence et potentiels : l'approche "fluide" façon Sun Tzu
Le brouillard insidieux de la pensée unique
Encadré : Entreprise et société, du solide au fluide : 4 modèles


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