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2 - De la rationalité limitée au stress...

Pour ne rien simplifier, la neurophysiologie, la psychologie et la sociologie s'allient pour nous expliquer que le moteur de la prise de décision n'est pas tant la raison (rationalité) que l'action. La journée du manager est rythmée par une multitude de petites questions à trancher ; il doit faire vite ; l'attente crée l'anxiété, le soulagement vient de l'action. Impatient, il va assimiler chaque question à une expérience antérieure et reproduire la réponse précédente. Ce processus, qui a le mérite de la simplicité, évite de perdre du temps à analyser, peser, s'interroger... mais ne convient plus quand se présente un choix important, sur une question qui mérite réflexion, où il faut innover, prendre des risques. Pour anticiper sur un futur à construire, un cerveau trop formaté sur la mémoire d'un passé qu'on voudrait reproduire aura du mal à prendre du recul, à intégrer des paramètres inhabituels ou à explorer de nouvelles approches.

Et l'analyse des organisation d'en rajouter : qui peut encore croire à la "rationalité absolue", qui voudrait qu'un décideur décide en fonction de la question posée ? Ses limites sont nombreuses, qu'elles proviennent des jeux de pouvoirs propres à toute institution ou de l'incertitude qui existe dans l'environnement aussi bien que dans les têtes - sans parler du caractère paradoxal de nombreux processus de décision, qui fait par exemple qu'un choix essentiel pourra se faire dans l'indifférence générale alors qu'une décision sur un enjeu mineur prendra une valeur symbolique qui déchaînera les passions...

Bien sûr, les difficultés ne se limitent pas à ce qui se passe dans la tête du décideur ou à ce qui se vit dans l'organisation, car il y a aussi toutes les parties prenantes d'un environnement qui se diversifie et accroît sa pression (n° 94) : il est de plus en plus facile de se faire des ennemis sans parvenir à ses fins (n° 98).

Devant un tel tableau, faut-il s'étonner de la montée du stress ? Ou du recours accru au coaching ? A tel point que certains utilisent ce dernier d'une façon thérapeutique - souvent dangereuse - pour remédier aux causes du stress ou, pire, simplement à ses effets - avec psychopapouilles pour redonner confiance en soi et autres rustines... Bien des approches sont plus cohérentes avec une logique managériale, parmi lesquelles celles qui aident l'intéressé à jeter un autre regard sur cette complexité et à préciser le sens qu'il donne à son action-> Autopromo.... N'oublions pas que pour un clou, la meilleure parade aux coups de marteau est de faire autre chose, ailleurs, autrement : non pas se cacher ou résister, courber le dos ou renforcer son épaisseur, mais jouer sur ce qui déconcerte un marteau, par exemple la souplesse ou le magnétisme. Ce qui permet de compléter le dicton : le clou qui dépasse attire le marteau... mais certains clous éloignent les marteaux !

Jean-Pierre Quentin

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Sommaire et liens
Introduction
1 - C'est le tailleur qui prend des mesures, pas le stratège !
2 - De la rationalité limitée au stress...
Encadré 1 : On décide mal...
Encadré 2 : La faute au manageur MBAisé, uniforme et passe-partout


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