-> algoric.eu... > Articles > Feuilleton : Jean-Pierre Quentin / 3 nœuds - liaisons dangereuses ou unions libres ? Sommaire . liens
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1b. Deux clés : langage commun et mise en réseau -> 1. Convergence de techniques, foisonnement d'usages...

Voilà donc la convergence numérique telle qu'elle s'esquissait quand je l'ai découverte en 1978. Les grandes lignes étaient tracées, même si à l'époque bien des applications actuelles n'étaient pas envisagées, ni simplement envisageables. Car une telle équation comporte de nombreuses inconnues, en particulier sur les évolutions de l'organisation sociale ou des mentalités. Qui aurait pu penser, même en 2000, que deux ou trois ans plus tard les chaînes de télévision gagneraient des dizaines de millions d'euros grâce aux SMS ? Ou que le livreur de pizza caracolant sur son scooter pourrait bientôt être guidé vers son client par un satellite, l'itinéraire étant dicté dans l'oreillette de son baladeur audio et le plan affiché sur la visière de son casque ?

De nombreuses inconnues, donc, concernant les développements spécifiques ou les modalités d'application - mais le processus de convergence, pris dans sa globalité, était quant à lui parfaitement lisible. A tel point que nous l'avons alors représenté sur un schéma ressemblant à la confluence de ruisseaux en rivières, puis de ces diverses rivières vers un même fleuve : textes, chiffres et autres données s'assemblent en bureautique ; par ailleurs téléphonie vocale et transfert de données convergent en télécommunications ; ensuite, ces affluents bureautique et télécommunications se rejoignent dans la rivière télématique ; parallèlement, d'autres convergences vont déboucher sur ce qu'on n'appelait pas encore multimédia, dont les rencontres avec des avatars de la télématique et quelques autres hybrides produiront de nouveaux développements…

Gershwin, l'afro-cubain...
Une autre analogie est à faire avec les métissages successifs des différentes "familles" de musique... >>>
 

Cette schématisation fait évoluer des techniques et services "depuis l'amont" vers un point de convergence ; elle a son pendant dans la divergence depuis ce point "vers l'aval", avec le foisonnement des usages. Pour garder la métaphore du fleuve, on peut schématiser ce foisonnement sous forme d'un delta qui s'élargit très fortement. Car nos métissages et hybridations ouvrent le jeu et suscitent en permanence de nouveaux développements et applications d'autant plus variés que se multiplient et s'accélèrent toutes formes d'alliages, alliances et confluences.
-> De la facture d'eau à la fracture culturelle...
Notons que cette croissance exponentielle sera de plus en plus difficile à suivre par ceux qui refusent le WiFi - entre autres - comme d'autres avant eux avaient voulu refuser le chemin de fer ou l'électricité. Pour eux, ces connexions sont bien des liaisons dangereuses, alors que pour ceux qui jouent le jeu, ces unions libres sont porteuses de développements sans limites. Faut-il choisir entre deux conceptions antinomiques ? Peuvent-elles cohabiter sans que la fracture numérique dégénère en société duale ? Quels sont les termes du choix, les critères et contraintes de l'équilibre, les marges de manœuvre ? On y reviendra.

-> Présentation : un processus de métissage très élaboré...
Voir http://www.algoric.eu/nd/ConvergFoisont.htm
 

Par souci de clarté, j'ai représenté ce processus de convergence- foisonnement en forme de double entonnoir, à l'image du fleuve (confluent-delta) ou de l'arbre dont le tronc relie la double arborescence des racines convergentes et des branches foisonnantes. Cette présentation a l'avantage de donner à nos cerveaux "cartésiens" l'éclairage linéaire qui leur convient… et l'inconvénient d'occulter le caractère systémique de ce processus où tout se tient, comportant des actions dans tous les sens, des réactions, interactions, itérations, aberrations… Car contrairement à ce que pourrait suggérer le schéma, il n'y a ni un sens de circulation unique, de l'amont vers l'aval, ni au centre une sorte de passage obligé fixe et rigide - le lit principal du fleuve ou le tronc de l'arbre - mais au contraire un maillage luxuriant, souple et adaptable. Ce que symbolise le tronc commun, c'est l'existence d'un dénominateur commun à tous les éléments du schéma : ils parlent un langage commun ("numérique"). Et ce que symbolisent les confluences ou arborescences, c'est la "convergence"… ainsi que le "foisonnement". Car s'il y a convergence numérique, c'est -> Technologies altruistes...au sens des techniques, mais ne perdons pas de vue qu'il y a aussi "foisonnement numérique", au sens des usages.

La précision est importante à différents titres. Bien sûr à cause de la portée de cette dimension "système et réseau", mais aussi parce que, comme les autres technologies combinatoires, les TIC sont altruistes, ou "orientées client" : puisqu'elles peuvent tout faire, leur mise en œuvre dépend moins de leurs propres contraintes que des usages souhaités par les utilisateurs.

-> Cluster contre Colbert...Une difficulté majeure est justement que nous sommes particulièrement réfractaires à ces aspects, logique des usages ou dynamique des réseaux, après quatre siècles de colbertisme et deux de société industrielle privilégiant non seulement l'approche technocratique, mais aussi la hiérarchie, la spécialisation et autres cloisonnements. Pourtant, il est d'autant plus nécessaire de s'y mettre que le processus de convergence-foisonnement ne se limite pas au numérique et tend à s'appliquer largement, en particulier au développement de secteurs d'activité émergents ou aux nouveaux modes de management et de gouvernance. Il y a là bien des germes de futurs déjà présents…

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(c) Jean-Pierre Quentin . www.algoric.com . www.algoric.eu