-> algoric.eu...> Livres / Jean-Pierre Quentin > Les pieds ici... la tête là ? (synopsis) Sommaire . Plan détaillé
  Précédent . Suivant
La prospective,
pour un autre regard sur le changement
appendice3 -> Présentation du livre...

Ce n'est pas en améliorant la bougie qu'on invente l'électricité ! L'image s'applique habituellement à l'invention, c'est-à-dire à la conception de quelque chose qui n'existait pas auparavant. De plus en plus souvent, elle s'applique aussi à l'innovation, c'est-à-dire à l'introduction de quelque chose de nouveau dans un corps ou un système établi : c'est notamment le cas dans les situations où le changement n'est plus en continuité mais en rupture avec ce qui précède, quand entreprises et institutions doivent apporter des réponses à des demandes économiques et sociales ("sociétales") dont la question n'est pas encore formulée - par exemple, dans des conditions très différentes, la radio, le bas nylon ou la carte à puce.

Telle est probablement une des raisons de l'engouement actuel pour la prospective, avec son côté décalé par rapport aux approches classiques du changement : elle fait son miel des situations de rupture, qu'elle aborde avec un autre regard. Etant faite d'une convergence de plusieurs ruptures, la mutation en cours favorise l'essor de la prospective.

Science des problématiques, elle agit en étroite complicité avec la stratégie et, ensemble, elles prennent en tenaille les problématiques les plus complexes. Art du diagnostic clinique, elle n'a pas vocation à se substituer aux approches des spécialistes, mais à les mettre en perspective, en cohérence et en synergie. Regard vers l'avenir, elle ne consiste pas à le prédire mais à le préparer…

Les entreprises et institutions ont à son égard des attentes diverses, qui se traduisent par des pratiques très variées. Il ne s'agit d'ailleurs pas toujours de prospective au sens strict, car le mot est souvent employé pour désigner d'autres formes de regards vers le futur. Pour réduire les confusions, on peut répartir ceux-ci en plusieurs familles à partir de quelques critères simples, ce qui facilite le choix de l'approche la mieux adaptée à une situation donnée. Car la prévision, l'anticipation et la prospective ne répondent pas aux mêmes besoins :

  • la prévision dessine les contours d'un avenir en continuité ; elle se réfère au passé, considérant que l'avenir le reproduira (c'est le précédent), lui ressemblera (l'analogie) ou le prolongera (l'extrapolation) ;

  • l'anticipation, dans un contexte de forte évolution ou de rupture, s'emploie à détecter des indicateurs de changement (signaux faibles...) et à les qualifier, par exemple en mesurant leur importance ou leur probabilité (tendances lourdes...) ;

  • la prospective s'intéresse moins aux manifestations du changement qu'à ses ressorts, intègre ces indicateurs dans une vision cohérente et ouvre le champ pour les mettre en perspective, en relation avec une intention ou un projet, afin de donner un sens à l'ensemble.

Il faut aussi compter avec quelques dégénérescences, notamment les tendances technocratique et superficielle. La première abuse de la mise en équation, la seconde dérape vers la futilité…

Haut . . . Suite >>>






-> Un autre regard... -> accueil algoric.com... -> accueil prospective-entreprise.eu... -> onglet "innovation prospective"... -> onglet "gouvernance responsable"... -> onglet "communication stratégique"... -> accueil algoric.eu... -> Formations "Grand Large"...

(c) Jean-Pierre Quentin . www.algoric.com . www.algoric.eu