-> algoric.eu...> Livres / Jean-Pierre Quentin > Les pieds ici... la tête là ? (synopsis) Sommaire . Plan détaillé
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Rien n'est simple : les nœuds sont serrés

Traditionnellement, moyennant des modalités différentes selon qu'elle était féodale, monarchique ou industrielle, la société était organisée verticalement : hiérarchisée et cloisonnée. Plus fondamentalement, elle "se pensait" verticalement. Assez brutalement, nous sommes passés à une société organisée horizontalement, dans une logique de réseaux. Mais elle peine à "se penser" horizontalement : les pieds sont dans la logique horizontale du monde en réseaux, mais la tête est encore dans le paradigme vertical, hiérarchique, spécialisé…

La partie la plus visible du passage à une société en réseaux est celle qui se manifeste dans les évolutions des technologies et de leurs usages. Les réseaux physiques, à commencer par les réseaux de communication, sont aussi anciens que les chemins ou les voies navigables. Ils ont commencé à prendre une nouvelle dimension quand ils sont devenus les supports ou les vecteurs d'autres activités ou services, eux-mêmes organisés en réseaux, à commencer par le trafic postal ou d'autres flux réguliers au sein de systèmes sociaux, commerciaux ou financiers.

Avec le progrès technique et les développements de l'organisation sociale se sont progressivement ajoutées de nouvelles "lignes" : canalisations d'eau, pipelines, gazoducs, fils télégraphiques, câbles électriques, relais hertziens, satellites…

Sur ces trames entrelacées se sont progressivement développées de nouvelles activités, souvent plus immatérielles, dont le tourisme de masse est un symbole. Elles-mêmes développent leurs propres logiques de réseau pour l'élaboration et la mise en œuvre de leurs prestations : réseaux de fournisseurs, d'intermédiaires, de prescripteurs, de partenaires divers…

On pourrait énumérer à n'en plus finir les maillages qui s'ajoutent à ces exemples pris dans la société civile, qui eux-mêmes se croisent avec ceux des autorités publiques (administration, diplomatie, défense, justice…) et des services publics (l'école, l'hôpital, les pompiers…). Sans omettre que cet ensemble se croise aussi avec d'autres types de réseaux, notamment ceux d'organismes religieux, militants, caritatifs… et bien sûr par ailleurs ceux de prédateurs, mafias, terroristes…

Au plan technique, ce processus de maillage a pris un nouvel essor et connu une accélération fulgurante avec les technologies combinatoires - technologies de l'information et de la communication, biotechnologies, nouveaux matériaux. Une étape de cette convergence technologique est particulièrement illustrative de ces multiples croisements : la convergence numérique. Entre autres développements exponentiels, elle favorise par exemple l'accouplement d'un appareil photo et d'un terminal téléphonique, engendrant de nouveaux moyens de paiement ou de guidage par satellite ! L'accélération et la convergence ne se limitent pas à la dimension technologique - qui n'est que la base matérielle de l'ensemble - et c'est dans les dimensions organisationnelles que ce réseau de réseaux trouve son sens et sa portée.

Liaisons dangereuses ou unions libres ?
Trois nœuds sont particulièrement caractéristiques de la mutation en cours : foisonnement, ouverture et changement. Leur essor est lié au développement dans notre environnement quotidien de toutes sortes de réseaux : nos diverses activités, privées, professionnelles ou publiques, s'insèrent dans une multitude de systèmes techniques et sociaux qui prolifèrent et s'entrelacent en un maillage chaque jour plus dense. Ces nœuds nouent-ils des liens coupables porteurs de tous les dangers, ou assurent-ils de solides ancrages favorisant l'exploration de nouveaux espaces de liberté ? >>>
Voir http://www.algoric.eu/noeu/n00.htm
 

Ces convergences mettent en relief trois nœuds qui caractérisent notre société en réseaux : foisonnement, ouverture et changement. Le foisonnement est une expression de la complexité, qui se traduit par des croisements, métissages, hybridations sans cesse renouvelés entre techniques, systèmes organisationnels, personnes, idées, champs disciplinaires… L'ouverture comporte à la fois des dimensions objectives (nouveaux champs de la connaissance et de l'action), subjectives (imagination, intuition, créativité) et relationnelles (à partir de la diversification des acteurs et systèmes). Le changement se manifeste sur tous les fronts, notamment ceux des différentes formes de références précédemment évoquées : repères, processus et paradigmes.

-> Pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis...Au menu du livre Les pieds ici... la tête là ? - chapitre 3 :

De quoi s'y perdre ou "se prendre les pieds dans le tapis" ? Pas fatalement, moyennant un peu d'ordre et de méthode, comme on le verra dans les chapitres suivants. Mais il y a un préalable, là encore : changer certains paradigmes !

Face au foisonnement et aux métissages corollaires, nous sommes enfermés dans un paradigme de l'académisme, dont les thuriféraires sont arc-boutés sur le conformisme et la conformité à des normes et canons définis en d'autres circonstances, toutes choses non égales par ailleurs.

Face à l'ouverture et aux relations corollaires, nous sommes enfermés dans un paradigme de la spécialisation, focalisé sur l'expertise approfondie à l'intérieur de telle ou telle "case" d'un ensemble donné de disciplines, alors que tout se joue précisément aux interfaces entre elles - ainsi qu'aux interfaces avec quelques autres disciplines ou indisciplines malencontreusement délaissées (voir le paradigme de l'académisme).

Face au changement et aux remises en question corollaires, nous sommes enfermés dans un paradigme de la continuité, même quand il y a rupture. Nous avons des moyens sans précédent pour choisir de quoi demain sera fait, mais à la question "quel type de rupture voulez-vous ?" on donne la seule réponse qui ne tienne pas, car elle relève d'une autre logique, d'un autre niveau d'approche, d'un autre paradigme : "on veut la continuité". Le jeu ayant changé, elle n'est pas possible et se traduit en réalité par : "on veut l'illusion de la continuité"…

->  Les trois paradigmes :  "l'éternel recommencement"... "le progrès"... "le changement"...
Voir http://www.algoric.com/ti/109.htm

En résumé, une société en réseaux, horizontalisée, qui "se pense" en référence au paradigme de la verticalité accumule fatalement des incohérences et des contradictions difficilement surmontables. Plutôt que la nostalgie d'un passé simple qui n'est ni possible, ni probablement souhaitable, pourquoi n'essaierait-on pas ce que peut permettre et promettre le paradigme de l'horizontalité ?

 

a.  Synthèse : liaisons dangereuses ou unions libres ?

b.  Un foisonnement de messages, d'innovations, d'idées…

c.  Une ouverture tous azimuts

d.  Un changement permanent

e.  Dénouer les nœuds au lieu de tirer sur la ficelle

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