|
Le rapport Patino sur le livre numérique (1) comporte
de très utiles éléments d'information.
C'est aussi un vecteur d'influence (voir encadré
4) qui comporte des présupposés implicites
très contestables, comme a fortiori les conclusions
qu'ils induisent.
Ainsi : "Dans cet univers aux modèles économiques
d'une complexité croissante, il faut que l'un des acteurs
de la chaîne joue un rôle de centralisation et d'intermédiation"
(p. 17). Cette affirmation contredit un principe de base de
tout système ou réseau maillé, accessible
par divers points (n° 86,
114)
; la centralisation, liée à la notion linéaire
de chaîne, périmée depuis la fin
de l'ère industrielle, n'est concevable que dans un cas
qui, sauf chez les Soviets, est une sorte
d'oxymore, le "réseau centralisé".
Le lecteur saura décoder tous les sophismes et paralogismes
(ou fausses
évidences délibérées et involontaires)
qui s'emboîtent dans cet extrait : "Le problème
d'intérêt général qui se pose à
l'édition quand elle se dématérialise se
résume en deux points fondamentaux : faire de la propriété
intellectuelle la clé de voûte de tout système
d'édition dématérialisée ; promouvoir
de façon offensive des mécanismes de régulation
du marché afin de permettre aux détenteurs de
droits (auteurs et éditeurs) d'en assurer la valorisation
en leur garantissant un rôle dans le mécanisme
de détermination des prix. Ces deux points sont les seuls
à même de garantir la diversité de la création,
et l'accès de tous à celle-ci" (p. 33). [cf.
Accompagner le progrès
ou fausser les évolutions ?]
(1) Juin 2008, www.culture.gouv.fr/culture/actualites/communiq/albanel/artpatino.htm
|