|
A l'ère industrielle, l'économie de l'information
était centrée sur les médias - supports
matériels et moyens de diffusion : livre, disque, TV,
infrastructures de réseaux... - car les coûts étaient
beaucoup moins dans l'élaboration de l'information que
dans sa reproduction et sa distribution.
La dématérialisation
a mis à mal ce modèle économique.
La valeur n'est plus dans le support physique, la notion de
bien d'expérience s'impose. En bref : on évalue
la valeur d'un bien matériel (détergent, meuble
ou vélo) à partir de son aspect, de ses caractéristiques
objectives ou de ses performances mesurables, "on se fait une
idée sans y toucher", mais on n'apprécie l'utilité
ou la qualité d'un produit culturel ou autre bien d'expérience
que quand "on en fait l'expérience". Ce qu'on en sait
- c'est un disque de piano, un film tourné aux Antilles,
un roman avec une blonde, un vin de pays, un essai sur la prospective,
un jeu édité par Nintendo - ne peut déterminer
une décision d'achat.
Cette décision dépend de notre connaissance
du produit, qui passe par le temps et les relations. Le temps,
pour chercher l'information - et une fonction de la publicité
est de diminuer ce temps pour optimiser le coût de recherche.
Les relations, pour les conseils donnés par les
amis... ou par les réseaux, qui démultiplient
l'efficacité. D'où la nouvelle donne : "il est
coûteux de rechercher une information, et plus encore
lorsqu'on ne sait pas précisément ce qu'on cherche
; la valeur de l'information réside donc également
dans les processus d'indexation, de recherche et, éventuellement,
de certification de la qualité des données ; cette
fonction proprement éditoriale, qui justifiait en fin
de compte la rémunération des éditeurs,
est remplie aujourd'hui sur Internet plus efficacement par d'autres
acteurs : moteurs de recherche, forums de discussion, critiques
des consommateurs, etc." (M. Gensollen, 2001) [Voir
aussi les Nobel Ostrom,
Krugman, Stiglitz].
Cette approche économique de l'expérience (valeur)
se combine avec une approche sociologique (usage), symbolisée
par la Génération Y (fin '70-début'90),
qui veut moins un emploi offrant un plan de carrière
qu'une activité permettant une expérience de
vie, qui attend moins des produits standardisés que
des biens et services favorisant une expérience spécifique,
etc.
|