L'e-book,
un nouveau minitel ou un futur TGV ?
L'e-book prépare son arrivée en fanfare. Il
sera à la société postindustrielle ce que
l'automobile a été à la société
industrielle. L'informatique lui a préparé le
terrain, comme la machine à vapeur l'avait fait pour
l'automobile : derrière une vague d'innovation plus "rustique"
se profile une 2e vague plus élaborée, durable,
appropriable... Au-delà d'un nouveau produit, c'est bien
un nouveau concept. A quoi ressemblera-t-il ? Probablement peu
à l'image qu'on s'en fait a priori, de même qu'une
voiture moderne ressemble peu à ses lointaines ancêtres.
L'analogie s'arrête là, car l'e-book sera surtout
ce qu'en fera le lobbying. Mais quel lobbying ? Une communication
d'influence corporatiste (scénario fermé) ou une
communication stratégique dynamique (scénario
ouvert) ?
La voiture n'a pas immédiatement trouvé son style.
Au début, elle était conçue comme une carriole
se bornant à remplacer les chevaux physiques par des
chevaux-vapeur : avant l'émergence du nouveau concept,
on a d'abord transposé les caractéristiques et
fonctionnalités de l'ancien. De même aujourd'hui
pour l'e-book (voir encadré 1 :
Un e-book est-il un livre
électronique ?) : au début, on le "remplit"
avec des contenus dérivés de ce qu'on faisait
avant, documents imprimés ou fichiers informatiques.
Là aussi on aborde le nouveau avec les références
et usages de l'ancien - et d'ailleurs cela permet quand même
d'appréciables progrès : confort, ergonomie, coût,
fonctions complémentaires...
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> Concepts, développements, usages... quelles ruptures
? ...
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