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3 - Autisme et Plan D comme dialogue
et débat démocratique (sic)
L'autisme, la plus grave des
psychoses infantiles, est caractérisé par une
totale perte d'intérêt pour la réalité
et une absence de réactions appropriées aux situations
auxquelles on est confronté. Il atteint gravement les
fonctions du moi (comme le langage), la capacité d'adaptation,
l'aptitude à la communication intersubjective, le potentiel
affectif... (dictionnaire).
Sic : se met entre parenthèses
à la suite d'un passage ou d'un mot pour indiquer qu'il
a été cité textuellement, quelles que soient
les erreurs ou les bizarreries qu'il contient (dictionnaire).
Pour toute décision, ces questions sont liées
à de lourds enjeux - pertinence, légitimité,
efficacité... Prenons l'exemple, non isolé mais
criant, de la construction européenne. En 1950, les Pères
fondateurs de l'Union ont vu l'échiquier, décidé
de jouer aux échecs, dessiné le jeu, formalisé
ses règles, identifié les profils de diverses
pièces, défini la façon dont elles pouvaient
contribuer à l'action, etc. (n° 144).
Une génération plus tard, leurs fils étaient
revenus au jeu de dames. C'était plus facile, au moins
pour eux. Quant aux pions, on ne leur a pas dit qu'ils étaient
devenus tours ou cavaliers, donc ils ont continué à
se comporter en pions sur un damier. Encore une génération
plus tard, épuisé, excédé, "le
pion se rebiffe". La ratification du Traité de Maastricht
est le premier signe visible : on n'a rien contre, car on est
globalement favorable à l'Europe, mais on voudrait comprendre
et pas signer un chèque en blanc. Il ne s'agit pas de
dire non, mais d'exprimer un choix sincère et non dicté.
D'autant que ceux-là mêmes qui prônent "l'avancée
européenne" sont ceux qui, depuis des lustres, nous
désignent cette Europe comme bouc émissaire de
tous nos maux. Suspect !
Autrement dit, acte I : les pions ressentent confusément
les changements (du jeu, des finalités, d'eux-mêmes,
de leur rôle...) et comprennent mal qu'on continue comme
avant. Le dormez, je veille ! n'est plus crédible.
Mais, restant dans le paradigme du pion, ils votent bien - sauf
exceptions mineures, qui ont dû revoter, n'ayant pas compris
qu'on leur demandait de dire oui. Acte II : ouf, on a eu chaud,
mais c'est passé ! La prochaine fois, on reviendra plus
nettement aux pratiques monarcho-technocratiques pures, dont
le Traité de Nice est l'accomplissement suprême
: on reste entre Grands de ce Monde. Au passage : depuis, tout
le monde s'accorde à considérer que c'est de loin
le plus mauvais de tous les traités - et là, on
n'a même pas l'excuse d'avoir été dérangés
par les enfants, puisqu'on les avait laissés dehors...
Acte III : pour la Constitution, quelques Etats admettent qu'il
y aurait un vrai problème de légitimité
si on restait entre grands. Notons qu'aujourd'hui encore, certains
restent convaincus que le référendum était
un choix stupide. N'épiloguons pas sur la courte-vue,
l'indigence du raisonnement, l'arrogance, le degré d'enracinement
du sentiment démocratique, l'incurie ou l'inconséquence
devant l'inévitable effet boomerang : à force
de tendre un ressort, il arrive un moment où on ne le
maîtrise plus... Le double non (France et Pays-Bas)
de 2005 a surpris ceux qui y croyaient encore, c'est normal.
Telle est la fonction première des épreuves :
nous interpeller, pour nous inciter à reprendre la question
autrement. Mais point d'autrement dans les actes suivants,
rien que des bégaiements. Avec pour temps forts le Plan
D de la Commission, les rafistolages du Traité de Lisbonne
ou le rattrapage du non irlandais de 2008. Inutile d'y revenir
(n° 130,
138,
139,
144),
si ce n'est pour alerter sur le renforcement de l'autisme et
les nouvelles tensions sur le ressort, ce qui devient extrêmement
préoccupant.
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Entre démocratie représentative dévitalisée
et démocratie participative démédiatisée...
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