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3 - Information et relations en
3-D pour plus d'efficacité
Beaucoup d'institutions, entreprises, administrations, instances
professionnelles, associations, savent désormais que
leur avenir ou celui de leurs mandants dépend largement
de l'intelligence stratégique (IS). Mais en général
elles l'abordent "en 2-D", alors qu'elles pourraient progresser
plus vite, plus loin, plus fort : en 3-D, l'IS va très
au-delà du renseignement (voir encadré),
surtout si elle se combine avec l'intelligence prospective pour
construire une vision globale de l'avenir, favorisant
une trajectoire plus directe et plus cohérente. Une image
: en 2-D c'est comme si, lors d'un concert, on ne pouvait entendre
que certains des instruments : comment pourrait-on apprécier
l'uvre et en percevoir l'harmonie ?
Un exemple : le processus de convergence-foisonnement,
qui fait converger des filières auparavant cloisonnées
et initie des combinatoires débouchant sur un foisonnement
de procédés, produits, services ou applications
qu'on n'aurait pu imaginer tant que les filières restaient
séparées (n° 112,
128).
Une de ses traductions est la convergence numérique,
qui combine texte, son, image ou autres données dans
des échanges multimédias par câbles, ondes,
USB ou autres vecteurs. Ce processus nous éclaire par
ailleurs aussi bien sur l'innovation dans des PME (n°
140)
que sur les mutations des grands opérateurs de réseaux
- type EDF ou GDF, SNCF ou RATP, France Télécom
ou La Poste, et tous les nouveaux venus dans ces activités
désormais concurrentielles. Même un regard rapide
(2-D) peut apprécier l'étendue des certitudes
qui ont été ébranlées en quelques
années. Nouveau credo : la valeur du réseau tient
moins aux infrastructures qu'aux flux transportés ; le
métier de l'opérateur est moins lié à
un produit spécifique (électricité ou gaz,
train ou bus, messages personnels ou données commerciales...)
qu'à un service déspécialisé
(fourniture d'énergie, de transport...) ; le modèle
économique a évolué de la vente "au poids"
(Kwh, kilomètre, unité téléphonique...)
vers une offre de services "personnalisés" (en options
pré-formatées) et packagés (tarif
jour-nuit, effacement les jours de pointe, abonnements ou forfaits...),
puis vers des prestations plus "individualisées" et diversifiées.
Ainsi, dans les télécommunications, en réduisant
les volumes transportés, le passage de l'analogique au
numérique a favorisé l'essor du trafic (les mêmes
lignes transportent infiniment plus) et permis de s'affranchir
de la contrainte distance/durée. Donc de changer les
principes de tarification. Plus profondément, avec le
principe du forfait, on est sorti de la logique (ou paradigme)
de gestion de la rareté. Restant dans l'ancienne
logique - technique - les premiers forfaits n'ont porté
que sur la distance et la durée. On les a donc reconfigurés
plusieurs fois, prenant en compte par étapes les autres
évolutions - logique commerciale, puis marketing, etc.
La vision globale (3-D), reliant ces évolutions autour
du processus de convergence-foisonnement, aurait permis de structurer
d'emblée un modèle économique cohérent,
évitant tous les inconvénients - économiques,
commerciaux, managériaux... - de changements de politiques
tarifaires dignes de Parkinson. Regardons vers l'avenir. Le
credo doit être adapté : la valeur est dans les
flux (contenus)... mais surtout dans les conditions de leur
mise à disposition ; la déspécialisation
va au-delà du métier ou de la filière,
par métissage ; l'individualisation en est d'autant plus
renforcée, etc. Partons du client : quel programme TV
vais-je regarder ce soir ? Quand il suffisait de consulter une
page de Télérama, le choix était facile.
Avec des dizaines de chaînes, je dois passer au choix
assisté par ordinateur... ou par opérateur : je
lui indique mes goûts et il me transmet des alertes individualisées...
quitte à exploiter de façon plus structurée
(et rentable) les informations recueillies. Autrement dit, si
la valeur finale est dans ces prestations d'accompagnement,
elle n'est pas plus dans les contenus que dans les infrastructures,
simples valeurs intermédiaires... A méditer pour
éviter encore des modèles économiques provisoires
!
Cette combinaison d'intelligence prospective et stratégique
se prolonge dans l'intelligence relationnelle, toujours plus
déterminante du fait de l'implication accrue de l'organisation
sociale dans ces processus complexes. Souvent, parce qu'elle
heurte des habitudes de cloisonnement, une telle approche globale
paraît a priori difficile, voire superflue. Ces préventions
sont rapidement surmontées a posteriori. La principale
difficulté est de changer quelques réflexes, notamment
dans la façon de regarder (cf. 2e
partie). Quant à l'utilité, elle est comparable
à celle des images radiologiques et numériques
pour notre médecin : il pourrait s'en passer. Comme pouvaient
s'en passer certains de ses confrères décrits
avec talent par Molière.
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des mots...
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