|
/...
3 - Une rupture fatale
Inéluctable, la rupture sera-t-elle irrémédiable
? Il ne s'agit plus de savoir si elle aura lieu, mais ce qu'elle
sera : choisie ou subie ? Pour reprendre la main, on
doit admettre que le jeu a changé. Si l'on s'obstine
à jouer un jeu virtuel, on s'exclut du jeu réel.
L'issue tient en trois questions qui n'interpellent pas uniquement
la gouvernance européenne mais toute organisation sociale,
publique ou privée, locale ou globale : quel projet a-t-on,
conduit par quelle "autorité", dans quel cadre
institutionnel ?
Le projet est une notion rare en politique depuis la
Communauté européenne de Monnet ou la Nouvelle
frontière de Kennedy
L'autorité ne peut se concevoir qu'à un
niveau méta-national, tant la formule de Daniel Bell
est actuelle : les Etats sont devenus trop petits pour les
grands problèmes et trop grands pour les petits problèmes
- mais ils ont la vie dure !
Le cadre institutionnel est nécessairement celui
d'une gouvernance élaborée, associant micro et
macro, pouvoirs publics et société civile - à
l'opposé des schémas réducteurs en vogue
chez ceux qui confondent pragmatisme et courte-vue, démocratie
et populisme : rétrécir la vision ne permet pas
d'appréhender la complexité.
C'est avant tout d'un projet que l'Europe a besoin. La Constitution
n'en proposait pas, même si on lui en a fait le procès
infondé. Ce n'était pas son objet. Mais elle donnait
des réponses en matière d'autorité et de
cadre institutionnel. Désormais, tout est à faire.
Jean-Pierre Quentin
Suite
.../
|