Panne... Crise... Rupture...
Depuis le non français et néerlandais
au référendum sur la Constitution, l'Europe semble
paralysée. Plus qu'une panne, c'est une vraie crise,
dont ce rejet n'est pas le seul symptôme. Est-elle un
signe de déclin, ou un trouble de croissance dont la
construction européenne sortira renforcée, comme
de bien d'autres épreuves passées ? Côté
diagnostic, aucun doute sur la crise de maturité : après
des évolutions fortes et rapides, les vieux habits et
anciens jeux de l'Union ne lui conviennent plus. Côté
remède, c'est plus incertain : le changement est tel,
par sa dimension mais aussi sa nature, qu'il appelle des réponses
vraiment décalées. Or si la notion de rupture
est en vogue, dans le discours politique elle ressemble souvent
à un concept creux. Il n'est pas certain que l'imagination
soit au pouvoir, tant pour analyser la situation que pour envisager
des solutions. La rupture sera-t-elle choisie ou subie ?
Difficile de s'intéresser aux questions européennes,
tantôt dénaturées dans de faux débats
idéologiques, tantôt réduites à une
laborieuse Europe des projets ni ambitieuse dans son
inspiration, ni mobilisatrice dans son expression. A défaut
de grand dessein adapté à la situation, c'est
dans les réflexions des think tanks ou les travaux parlementaires
qu'on trouve des perspectives plus élevées - voir
notamment en encadrés 1
et 2 des extraits d'un
discours du Président du Parlement européen. Mais
les décomptes pragmatiques se vendent mieux que les vues
prophétiques : faute de visions inspirées pour
nous séduire, restent des analyses sérieuses pour
nous convaincre, comme celles de Jo Leinen, parlementaire européen,
sur les coûts de la non-Constitution (www.europarl.europa.eu).
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