Des besoins saturables
aux aspirations contradictoires...
Si Abraham Maslow a élargi sa notoriété
bien au-delà du petit monde des sciences humaines, c'est
grâce à sa pyramide formalisant la hiérarchie
des besoins qui constituent la base des motivations des individus.
Ce classement permet notamment de mieux comprendre certains
comportements ou de mieux agir sur certains choix : il nous
éclaire, s'il en était besoin, sur le fait qu'il
est à peu près inutile d'attendre d'un enfant
tombant de sommeil qu'il se concentre sur ses devoirs, d'un
client fauché qu'il achète une montre de luxe
ou d'un collaborateur déstabilisé par le harcèlement
moral de son petit chef qu'il se donne à fond pour l'entreprise
! En d'autres termes, il éclaire sur ce qui nous fait
courir, parce que les comportements des individus sont liés
à leurs motivations et que celles-ci dépendent
largement du degré de satisfaction de différents
types de besoins. Après plusieurs décennies, étant
supposés avoir gravi quelques degrés, où
en sommes-nous ?
Un demi-siècle après sa formulation, la pyramide
de Maslow reste très actuelle : pour comprendre les relations
humaines, élaborer de nouvelles approches marketing,
expliquer le monde à ses enfants, envisager certaines
mutations géopolitiques... On peut l'utiliser en tant
que telle, monter les degrés un à un et en tirer
des enseignements (1) ;
on peut aussi l'aborder avec recul, en "méta-position"
(2), ce qui aide à
remettre en question des références traditionnelles
devenues inopérantes pour analyser un monde qui fonctionne
"autrement" ; on peut par ailleurs prendre appui sur
elle pour porter un
autre regard sur ce monde en mouvement (3),
en l'occurrence en faisant de la "déquantification"
des besoins un concept de référence, au même
titre que la complexité
et la dématérialisation.
Ces trois angles d'attaque seront abordés successivement.
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