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-> Diffusion... Refuser la fatalité de la crise

Jean-Pierre Quentin . décembre 08




Les banques et les constructeurs automobiles ont raison
: le lobbying est nécessaire pour créer les emplois de demain. Par contre, il ne s'agit ni de faire du lobbying traditionnel, ni d'obtenir de l'argent de l'Etat, ni de préserver des rentes de situation, ni de sauver provisoirement des emplois sans avenir, mais de faire un lobbying intelligent, dans une approche rénovée du management et de la gouvernance, non pour obtenir des transferts de ressources mais pour réellement créer de la valeur... Lire l'article >>> Lobbying anti-crise

C'est Noël : en cadeau, 3 éditos au choix ! Trois arguments (au moins) en faveur du lobbying pour combattre la crise.

1. Crise et sursaut : Voulons-nous la fin des Piteuses ?

Quand vont-ils nous sortir de la crise ? A cette question, la réponse est clairement : jamais, au contraire... >>> édito 1

2. Glocalisation et coopétition : Voulons-nous que l'Etat joue son rôle ?

Arrêtons de nous tirer des balles dans les pieds ! Si, dans bien des situations, le lobbying traditionnel reste de mise, là il va à l'encontre des intérêts... >>> édito 2

3. Management et gouvernance : Voulons-nous des entreprises efficaces ?

Les emplois de demain ne seront pas créés par les grandes industries d'hier... Regardons le cas des PME et de leurs organisations ou celui des entreprises de réseaux... >>> édito 3
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Crise et sursaut : Voulons-nous la fin des Piteuses ?

Quand vont-ils nous sortir de la crise ? A cette question, la réponse est clairement : jamais, au contraire. Et si la question était mal posée ? Remplaçons "quand vont-ils" par "comment allons-nous" et la réponse devient possible : ce n'est qu'une question de lucidité (prise de conscience), d'énergie (morale) et de méthode.

Lucidité : ce n'est pas une crise économique, mais une mutation globale ; ça ne se traite pas de la même façon ! Le diagnostic n'est pas nouveau, il est même communément admis depuis un bon quart de siècle. Et avant le diagnostic, il y a eu l'identification des symptômes, faite par les Pères de la prospective vers 1950. Dans un premier temps, on en a tenu compte et ça nous a valu les 30 Glorieuses, années de prospérité de l'après-guerre (1945-75). Après, on avait le choix : laisser jouer la logique cyclique (après l'expansion, la récession...) ou casser le cycle (initier une autre forme d'expansion). Mauvaise pioche : on avait tout ce qui permettait le choix 2, mais on a préféré le choix 1. D'où les 30 Piteuses qui ont suivi. Aujourd'hui, même choix : voulons-nous, comme l'Amérique d'Obama semble le vouloir, lancer un nouveau cycle d'expansion, ou continuons-nous à choisir le confort de l'inertie, quitte à l'assaisonner de gesticulation ? Avec à la clé, selon le choix, 30 Généreuses ou 30 Désastreuses...

D'où la question de l'énergie morale : s'en remettre à ceux qui font leur display à la télé est-il la meilleure solution ? S'agissant d'une mutation, la clé n'est pas l'économie mais la façon de l'orienter, dans une situation où le nœud est le décalage du politico-institutionnel par rapport aux réalités d'après-mutation. Question fréquente : qui est le plus compétent et légitime, la classe politique ou la société civile ? Là aussi, on peut prendre les choses à un autre niveau, en y entrant plutôt par le système que par les acteurs : le système vertical (simpliste, monolithique, hiérarchique) où "un chef décide" est totalement inopérant dans la réalité horizontale d'une société complexe, diversifiée, en réseau. C'est pourquoi la clé n'est pas l'économie mais ce qui la détermine : management et gouvernance. Le problème n'est pas de "jeter" la classe politique (encore que du sang neuf ne nuirait pas), mais de redéfinir son rôle et ses modes de fonctionnement, dans des processus coopératifs de gouvernance où la société civile doit tenir sa place.

D'où la question de la méthode : cette implication des acteurs compétents et légitimes de la société civile passe par le lobbying, ce n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est qu'il ne s'agit plus simplement d'un lobbying à l'ancienne (où un intérêt privé influence un décideur public) : dans une gouvernance plus évoluée, on pratique un lobbying plus évolué, agissant certes sur des processus décisionnels, mais également sur des processus coopératifs. Le problème n'est pas seulement que la classe politique résiste, c'est aussi que la société civile n'a pas assez conscience de son rôle ni de sa portée.

D'où la question de la lucidité...

Lire l'article >>> Lobbying anti-crise

Lire édito 2 >>> Voulons-nous que l'Etat joue son rôle ?

Lire édito 3 >>> Voulons-nous des entreprises efficaces ?
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Glocalisation et coopétition : Voulons-nous que l'Etat joue son rôle ?

Arrêtons de nous tirer des balles dans les pieds ! Si, dans bien des situations, le lobbying traditionnel reste de mise, là il va à l'encontre des intérêts de ses promoteurs, car il renforce un système obsolète de gouvernement, qui inhibe les initiatives, tout en freinant l'évolution vers un système moderne de gouvernance, qui favorise la création de nouvelle valeur. Le premier est centré sur l'Etat, le second "décentré" sur la glocalisation et la coopétition.

Avec la glocalisation, l'Etat est devenu trop petit pour les grands problèmes et trop grand pour les petits problèmes. Il ne doit pas pour autant disparaître, mais changer de rôle. Vers le haut : non plus être un pseudo-souverain dans un concert des nations illusoire, mais un vrai co-décideur au sein de mécanismes évolués de gouvernance européenne ou mondiale - où par ailleurs la société civile a aussi une place. Vers le bas : non plus se comporter en tuteur de féodalités territoriales immatures, mais en nécessaire animateur de processus de mise en cohérence de leur action responsable - là aussi en relation avec la société civile. En défendant le modèle colbertiste, non seulement il parasite le fonctionnement de l'Europe et des collectivités locales (en les faisant jouer à l'ancienne), mais ce faisant, l'Etat ne joue pas son rôle, beaucoup plus important, de cheville ouvrière de l'autonomie dans l'interdépendance, à tous les niveaux. C'est moins valorisant pour les dirigeants qui aiment frimer à la télé, mais bigrement plus utile.

Avec la coopétition, tous les acteurs sont dans des relations qui sont à la fois de coopération et de compétition. Coopétition entre entreprises (concurrence pour capter les clients, coopérations industrielles), entre collectivités (concurrence pour attirer les implantations, coopérations sectorielles) ou autres associations (professionnelles, syndicales, ONG...), mais aussi coopétition "décloisonnée" entre tous ces acteurs. Là, le rôle de l'Etat est capital pour définir les règles du jeu et les faire respecter. Là encore, s'il joue à côté du jeu, double inconvénient : il parasite le jeu et il ne tient pas son rôle.

La société civile a sa part de responsabilité dans la persistance de ces archaïsmes dévastateurs : quand elle joue perso dans l'ancienne logique (lobbying classique pour influencer "la décision du chef"), elle a le tort que ce soit perso, donc inefficace, mais surtout elle a tort d'y jouer, car ce simple fait valide et renforce cette logique périmée (qui pourtant la vassalise). Il est temps que la société civile se mette à jouer collectif dans la nouvelle logique (qui de plus l'émancipe) : celle d'un lobbying moderne pour co-inventer des solutions et même, plus en amont, pour reconfigurer le système...

Lire l'article >>> Lobbying anti-crise

Lire édito 1 >>> Voulons-nous la fin des Piteuses ?

Lire édito 3 >>> Voulons-nous des entreprises efficaces ?
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Management et gouvernance : Voulons-nous des entreprises efficaces ?

Les emplois de demain ne seront pas créés par les grandes industries d'hier. En réalité, même si on en fait peu de cas, ça fait déjà quelques semaines qu'on le sait. Pardon de me citer : "ce n'est pas l'économie qui se désindustrialise, mais l'emploi" (L'Express, 5 déc. 1986, Lire >>> Vues prospectives à 15 ans). Toute ressource affectée au maintien artificiel d'activités d'hier l'est non seulement en pure perte, mais au détriment d'activités d'avenir qui s'en trouvent privées, sacrifiées au culte du passé ou aux intérêts de quelques fossiles. Un lobbying qui incite autrui à investir à perte manque de charme par rapport à celui par lequel on s'investit dans la construction de l'avenir...

Le premier, assimilable à un lobbying d'opportunité de prédateurs, agit sur des processus décisionnels pour obtenir d'un décideur public une plus grosse part d'un gâteau donné (jeu à somme nulle), alors que le second est un lobbying partenarial d'entrepreneurs, agissant sur des processus coopératifs pour créer une nouvelle valeur et faire grossir le gâteau (jeu à somme positive).

Ce lobbying est et sera de plus en plus une "figure imposée", non seulement pour les corps intermédiaires, mais pour toute entreprise comme pour toute institution. Prenons seulement le cas des PME ou celui des grandes entreprises de réseaux, dans le contexte de coopétition.

Toute PME a des concurrents dans sa branche d'activité, contre lesquels elle se bat pour remporter des marchés... et avec lesquels elle défend des intérêts communs, notamment dans une organisation professionnelle, au plan national et surtout européen, voire mondial. Par ailleurs, au plan local, elle a avec des entreprises de tous secteurs d'activité d'autres types d'intérêts communs, qui justifient son implication dans une organisation interprofessionnelle - laquelle a aussi ses ramifications nationales et européennes ou autres. De même, notre PME est engagée dans d'autres associations, alliances ou coopérations, plus ou moins formalisées, parfois circonstancielles, du club expert au pôle de compétitivité, de l'amicale conviviale au réseau partenarial, etc. Cet ensemble de relations peut être géré de façon spontanée, intuitive, non structurée. Ou relever d'une démarche organisée de lobbying : on peut alors dépasser le lobbying classique de communication d'influence, car il y a là matière à déployer un véritable lobbying de communication stratégique. Surtout si l'on considère que la société civile organisée a un rôle à jouer dans la gouvernance d'une société complexe...

De même pour les entreprises de réseaux : énergie, rail, poste, télécom... Avant-hier, leur principale valeur ajoutée étant dans les infrastructures, il y avait d'importants enjeux dans les relations "classiques" avec les pouvoirs publics (dont elles étaient parfois l'émanation). Puis leur valeur ajoutée a évolué vers les contenus, c'est à dire ce que véhiculent leurs réseaux. Sont alors apparus de nouveaux enjeux dans une relation qui croise ces besoins de lobbying "classique" et de nouvelles exigences de marketing. Demain, la valeur ajoutée sera beaucoup plus dans les conditions de mise à disposition de leur offre de service, en coopétition avec des entreprises et institutions de plus en plus diversifiées. Avec pour corollaire un lobbying partenarial beaucoup plus élaboré.

Simultanément, toutes les entreprises doivent et devront de plus en plus non seulement conquérir des marchés existants, mais surtout inventer de nouveaux marchés ; non seulement en déployant leurs propres compétences, mais en les associant à celles d'autres acteurs ; non seulement dans le cadre de mécanismes institutionnels existants, mais dans des cadres à (ré)inventer, en partenariat avec des institutions publiques ou mixtes, elles-mêmes en reconfiguration permanente... Autant de caractéristiques de ce lobbying évolué, qui n'agit plus simplement sur des décisions, mais sur des processus collectifs complexes.

Certes, la vieille logique verticale de gouvernement résiste, mais cette logique horizontale de gouvernance est dans le sens de l'histoire. De plus, c'est elle qui est créatrice de valeur et d'emploi - qui plus est, des emplois diversifiés et plus gratifiants que le travail formaté des anciennes chaînes industrielles ou des nouvelles chaînes tertiaires (call centers...). Au-delà des enjeux de "sortie de crise" à très court terme (emplois industriels du passé) d'un lobbying traditionnel, il y a aussi là les enjeux majeurs d'un développement durable assis sur un lobbying du 3e millénaire...

Lire l'article >>> Lobbying anti-crise

Lire édito 1 >>> Voulons-nous la fin des Piteuses ?

Lire édito 2 >>> Voulons-nous que l'Etat joue son rôle ?
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