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Février
2009
Mieux que l'influence...
Relations sociales, négociation
commerciale, marketing viral, stratégie électorale,
entre autres : les occasions de vous manipuler ne manquent pas...
Dans des manuvres d'autant plus efficaces que vous aidez
spontanément les manipulateurs (>>
confusions)
et qu'eux-mêmes accentuent le mouvement, notamment en exploitant
le décalage entre votre registre (ce qui se dit)
et le leur (ce qui se joue). Est-ce à dire que la
loi de Gresham, selon laquelle la mauvaise monnaie chasse la
bonne, doit s'appliquer en communication et que, par souci
d'efficacité, vous devez devenir plus cynique que les cyniques,
abandonner le premier degré candide au profit d'un second
degré sordide ? Pas fatalement, car il existe un troisième
degré où la bonne monnaie peut l'emporter sur
la mauvaise ! Lire l'article >>> Au-delà
des mots

Notons quand même que la communication d'influence n'est
pas toujours "toxique", par exemple quand elle sert à lutter
contre des addictions (>>
soumission
consentie). Mais il est certain qu'elle est au cur
de la société de l'information/désinformation
(>>
communication
iconoclaste). Elle s'épanouit notamment dans les
systèmes de certains politiciens. L'image ci-dessous
illustre un aspect du volet "médias" du système
Sarkozy, fondé sur cette analyse de l'intéressé
: "Il y a vingt ans, on agissait puis on communiquait. Moi,
je fais l'inverse. Le premier étage de l'action, c'est
la communication" (>>
Communiquer
après... ou avant ?). Bien sûr, un tel système
comporte d'autres volets : réseaux de pouvoir, prescripteurs
d'opinion, généreux donateurs désintéressés,
etc.
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| Source
: Ph. Cohen, R. Malka, Riss, La face karchée
de Sarkozy, Vents d'Ouest Fayard 2008 |
Qu'elle serve des jeux de pouvoir, des manuvres idéologiques,
des intérêts marchands ou d'autres objectifs, la
manipulation a de graves conséquences politiques, économiques
ou sociales, et affecte fortement notre indépendance d'action,
notre autonomie de pensée ou nos libertés fondamentales.
D'où l'importance de décoder les différents
registres de communication, pour en tirer des conséquences
pratiques. A commencer par la combinaison des registres : au-delà
de la transmission (1er degré) ou de la manipulation (2e
degré), l'une et l'autre réductrices, on peut réhabiliter
la communication par le recours aux démarches plus élaborées
qui font sa noblesse en fondant l'efficacité sur les synergies
plutôt que sur l'instrumentalisation... >>>
Lire
l'article
Focus... Où va l'industrie automobile
?
Le 3e degré a bien d'autres applications utiles (>>
contrôler
les niveaux). En particulier, il permet d'éviter
les "surprises" auxquelles conduit l'ornière de la pensée
unique. L'actualité en donne un exemple flagrant avec la
chute brutale du marché automobile. Ceux qui sont surpris
par son caractère "inattendu" pourront relire avec profit
quelques précédentes livraisons de cette chronique,
par exemple un article de 2005 évoquant l'évidence
de cette évolution à partir d'un regard actualisé
sur la pyramide de Maslow >>>
Des
besoins saturables aux aspirations contradictoires
Zoom arrière... De la crise au tournant
de civilisation ?
Elargissons le propos : bien au-delà de Maslow, de l'automobile
et de 2005, cette actualisation de notre regard sur le changement
est depuis longtemps une obsession, qui m'a notamment conduit
à publier en 1982 Mutation 2000, le tournant de la civilisation
>>>
voir
le résumé du livre. Aujourd'hui enfin,
on commence à admettre qu'avec un peu de lucidité,
on aurait pu faire l'économie de crises douloureuses et
de plans de "sauvetage" coûteux. Tant pis... Admettons
que les certitudes de "ceux qui savent" et l'assurance
de "ceux qui décident" étaient trop solides
pour empêcher les autres d'être "ceux qui suivent".
Les uns et les autres en tireront des enseignements, à
commencer par l'abandon de cette pensée unique si désastreuse.
Mais apparemment, ils en sont encore loin...
Un exemple ? Même l'excellent Courrier international
construit son prochain numéro (954) sur l'idée que
"chaque grande crise produit de grands tournants de civilisation"
! Rappelons que ce n'est pas "la crise" qui produit
les tournants, mais le refus de ceux-ci qui produit des crises
!! Et proposons une nouvelle fois de prendre les choses dans
le bon sens : si l'on tenait enfin compte des tournants de civilisation,
on en saisirait les opportunités au lieu de subir les crises
qu'entraînent l'autisme et l'attentisme. Si l'on continue
à attendre les crises, voire à les provoquer, en
croyant qu'elles indiquent la voie à suivre, on continuera
à enchaîner des "petits lacets" erratiques
dont l'accumulation n'a rien à voir avec les grands tournants...
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