www.algoric.com . JPQ / Equal-Gepetto décembre 2005  
 
1c . Compter comme hier ou comme demain ?

En résumé, quand on cherche à se rassurer avec des chiffres, même si l'on sait qu'ils ont peu de valeur, on se dispense de se poser les questions pertinentes, donc on se prive de la possibilité d'y répondre. De plus, même quand on dispose de données chiffrées, elles se réfèrent à des situations trop particulières pour être généralisables - et cependant, la tentation reste grande (et la pratique courante) de les assimiler à des précédents, de les transposer par analogie et/ou de les prolonger par extrapolation. Dans de telles conditions, la culture des chiffres entretient une cascade d'inconvénients cumulatifs : non seulement les erreurs factuelles (chiffres peu significatifs) sont aggravées par ces vices de raisonnements (les classes de données elles-mêmes sont peu pertinentes), mais ces chiffres qui ne démontrent rien créent une diversion qui détourne le regard et nous éloigne des vraies questions.

Pour revenir vers ces vraies questions et refuser les réponses artificielles, quantitatives et réductrices, un préalable tient à la façon de regarder le changement économique et social dans un monde en mutation. Car une mutation est un changement d'état. Le nouvel état est foncièrement différent du précédent, dans ses manifestations visibles comme, plus profondément, dans ses modes de fonctionnement ou dans ses logiques de référence. Cela n'aurait donc aucun sens de décoder le monde d'aujourd'hui en utilisant les codes d'hier. Surtout que dans le cas présent, comme le suggère le schéma ci-dessous, c'est le changement lui-même qui change !

Cf. http://www.algoric.com/ti/109.htm .

Ainsi, dans la logique précédente, on pourrait s'interroger sur le coût "absolu" de l'accueil en relais : de fait, il est plus élevé que celui de tout dispositif collectif... du moins tant qu'on reste dans cette logique quantitative-spécialisée-standardisée et qu'on se cantonne à ses unités de mesure élémentaires comme le coût moyen de l'heure-enfant ! En effet, s'il s'agit de satisfaire un besoin "simple" (garder des enfants, tous ensemble, tous les jours, aux mêmes heures, au même endroit), aucun doute que les approches quantitatives favorisent la productivité du service. Mais dans la logique qualitative-complexe-personnalisée il faut apprécier le coût "relatif" de l'accueil : quels besoins peut-on, veut-on, doit-on satisfaire, au-delà d'une garde d'enfants conçue de façon aussi calibrée ; quels avantages ou retombées en attend-on, que nous n'aurions pas sans ce coût, et quelle en est la valeur ? Un tel questionnement relève d'une approche en rupture qui justifie quelques développements complémentaires.

La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles,
mais d'échapper aux idées anciennes.
John Maynard Keynes


haut . suite

Plan du rapport :
Synthèse & problématiques générales
Introduction
1 - La garde d'enfants coûte cher à la collectivité...
2 - Si on compte, il faut tout compter...
3 - Le temps change... la gestion locale s'adapte
4 - Le "métro-boulot-dodo" c'est fini...
5 - Interactions : ce n'est plus aux femmes de réguler le système...
6 - Convergences : management et gouvernance
Annexes
Sommaire détaillé

Sommaire
PDF
-> Le plan du site... -> Sommaires en dessins... -> La Molécule... -> L'Heuropéen... -> Les épigraphes...


-> accueil algoric.com algoric, catalyseur d'intelligence . (c) Jean-Pierre Quentin . www.algoric.com